Hollande a parié sur «la fatigue» du pays pour faire passer la loi travail

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LE SCAN POLITIQUE – Le chef de l’État aurait été alerté par plusieurs ministres des importants risques sociaux liés à un passage en force sur le projet de réforme du droit du travail.

En cette rentrée, dans la profusion des livres rapportant les confessions du président et de certains ministres aux journalistes, les révélations sur les coulisses du pouvoir tombent en cascade. L’une d’entre elles dévoile la séquence difficile qui a marqué l’adoption de la loi travail, un passage qui a semé le doute jusque chez les plus fidèles soutiens du président, relève L’Obs. Dans le livre Le premier secrétaire de la République, du reporter Cyril Graziani, on apprend notamment que le chef de l’État a misé sur la lassitude générale du pays pour faire avaler la pilule amère du projet de réforme du droit du travail.

Quelques jours avant l’arrivée du texte de loi à l’Assemblée nationale, le gouvernement n’est pas assuré d’obtenir la majorité pour le faire adopter. Les opposants de gauche comme de droite promettent déjà une multitude d’amendements: l’idée d’un passage en force par l’engagement de la responsabilité du gouvernement est alors discutée à la tête de l’État. «Vous ne pouvez pas le faire passer comme ça», tente de faire valoir Ségolène Royal. Sûr de son coup, François Hollande lui répond alors: «Le pays est fatigué, ça va passer comme une lettre à la poste». Une lourde erreur de jugement puisque la loi travail et le recours au 49.3 provoqueront l’émergence de l’un des mouvements sociaux majeurs du quinquennat.

«Je suis beaucoup plus autoritaire qu’on ne l’imagine», dit Hollande

Quelques jours plus tard, la colère flambe et les voix se font rares au sein du gouvernement pour défendre la méthode de l’exécutif. Valls et Hollande réclament plus d’engagement de leurs ministres. La requête ne passe pas très bien auprès de la ministre de l’Écologie, qui rétorque: «Vous n’avez consulté personne, vous êtes restés entre vous. Je vous avais prévenus, donc ça ne sert à rien de demander notre aide maintenant», répond la numéro 3 du gouvernement.

Selon le livre, l’ex-élue du Poitou n’est pas seule à avoir tenté d’alerter des risques d’un passage en force. «Vous vous rendez compte, ils veulent dégainer le 49.3 dès le premier jour d’étude du texte. Je leur ai dit: si vous faites ça, c’est la révolution», confie également Bernard Cazeneuve, l’un des plus fidèles soutiens du président. Lui non plus ne sera pas entendu. Cet épisode vient illustrer un autre extrait du livre dans lequel François Hollande décrit sa méthode de gouvernance: «Qui suis-je? Je suis beaucoup plus autoritaire qu’on ne l’imagine (…) Toutes les décisions que je prends, je les prends seul avec moi-même, dans un dialogue singulier».

On se souvient de la critique de François Hollande envers Nicolas Sarkozy au temps où il etait Président à propos du 49.3.

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Crédit Photo: Stéphane De Sakutin AFP